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2 juin 2017

Rythmes scolaires : un nouveau décret en écriture !

Un nouveau décret sera proposé le 8 juin. Vous trouverez dans cet article les modalités de ce décret ainsi que des éléments d’analyse de la situation.

L’actualité et la proposition d’un nouveau décret

Un projet de décret sera présenté par le nouveau gouvernement lors du Conseil Supérieur de l’Education du 8 juin prochain.

Il serait désormais possible de déroger au décret Peillon qui cadrait la semaine scolaire avec 9 demi-journées s’organisant obligatoirement sur 5 matinées. Pour rappel, le décret Hamon permettait déjà un cadre de 8 demies journées mais en conservant 5 matinées dont le mercredi matin.

Les modalités de modification de la semaine scolaire resteraient identiques. Une proposition conjointe d’une commune ou d’un établissement public de coopération intercommunale et d’un ou plusieurs conseils d’école doit être adressée à l’IA-DASEN qui pourra autoriser la modification.

Les PEDT ne sont pas obligatoires pour passer aux 4 jours sur 36 semaines. Ils restent obligatoires pour tous les autres cas de figure.

Cette nouvelle possibilité de dérogation dès la rentrée 2017 resterait soumise au bon vouloir des maires même si elle prévoit toujours une demande conjointe d’au moins un conseil d’école et de la commune. Il y a fort à parier que ce qui primera dans la décision des communes sera l’aspect financier et non l’intérêt du service public et de ses personnels.

Quelques éléments d’analyse de la situation :

Aucun-e d’entre nous, aucun parent d’élève, aucun-e maire n’a oublié la dernière réforme des rythmes scolaires de 2013-2014.

Réforme appliquée dans "l’intérêt supérieur de l’enfant", intérêt rapidement relégué au second plan au moment de construire le calendrier scolaire annuel à l’occasion duquel notre ministère aurait plutôt entendu "l’intérêt supérieur de l’économie touristique".

Le gouvernement sortant n’a établi aucun bilan des effets de cette réforme. Mais les principaux acteurs de l’école, les enseignant-es, sont pourtant en capacité après 3 ou 4 ans de faire état de la transformation qu’a subi notre système scolaire :

- explosion du temps de travail et du temps de présence à l’école des enseignant-es, entraînant une dégradation supplémentaire des conditions de travail et de la vie personnelle,

- confusion entre temps scolaire et péri-scolaire pour les élèves, augmentation des inégalités sur le territoire , notamment entre les communes "riches" et les communes "pauvres", ou en fonction des choix politiques des communes,

- difficulté à organiser les ramassages scolaires,

- difficultés à recruter des animateurs-trices,

- perte d’effectifs dans le public au profit du privé,

- difficultés d’organisation pour les familles qui ont des enfants scolarisés dans des écoles qui ont des emplois du temps différents...

Personne n’est passé à côté des annonces de campagne du nouveau président , une des mesures phares étant l’autonomie laissée aux municipalités pour l’organisation du temps de l’Ecole.

Aujourd’hui, pour beaucoup d’entre nous, cette proposition donne l’impression d’ouvrir la possibilité de revenir à l’emploi du temps qu’avaient les écoles avant la réforme.

Pour beaucoup d’entre nous, grande et légitime est l’envie de vouloir retrouver du confort dans l’exercice d’une profession devenue difficile, une profession des plus exposées aux risques psycho-sociaux.

Mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas ce que nous promet le nouveau président de la République…

Ce que veut le président, c’est une école libérale, une école avec une "vraie" autonomie . Ce que veut le président c’est non pas "une école primaire" mais "des écoles primaires". Une école à la carte pour laquelle chaque municipalité disposerait d’une "liberté pédagogique". Est-ce que cela sous-entendrait que les communes pourraient prescrire aussi les contenus et les méthodes ? Et pourquoi pas recruter les enseignant-es ? Liberté qui commence par l’emploi du temps des écoles…

Comment peut-on imaginer déléguer cette compétence aux mairies ? Comment imaginer que l’éducation pourra rester nationale si chaque clocher s’organise comme il le souhaite ? Cette éventualité accentuerait d’autant plus les inégalités sur le territoire, pour les élèves mais aussi pour nous enseignant-es, sans parler des territoriaux et/ou aux animateurs-trices qui seront sur le carreau à la rentrée.

Et dans tous les cas, avec dans un même département, dans une même circonscription, des écoles avec des emplois du temps différents, 4 jours ou 4,5 jours, notre quotidien ne s’en trouvera pas amélioré car l’administration, pour tous les rendez-vous administratifs ( animations pédagogiques, réunions institutionnelles, formation continue, etc…) posera nécessairement un cadre contraint lui permettant de rationaliser ses interventions.

Ce que nous voulons, ce que porte le SNUipp-FSU, syndicat majoritaire du premier degré, c’est l’amélioration de nos conditions de travail et la réussite de tous les élèves. Cela passe par une réduction de nos heures et une baisse du nombre d’élèves par classe.

Alors, oui, il faut faire le bilan de la semaine de 4,5 jours. Oui, il faut une réforme des rythmes scolaires, mais avec un cadrage national, comme avant 2008 , avec des possibilités dérogatoires départementales qui permettraient de revenir à la semaine de 4 jours (avec ou sans raccourcissement des vacances) si c’est ce que les enseignant-es souhaitent.

Et pour cela c’est bien l’avis des enseignant-es qu’il faut prendre en compte… Rien ne peut et ne doit se faire sans les enseignant-es !!! On ne peut pas faire l’Ecole sans interroger ses principaux acteurs…

Rappel du mandat du SNUipp-FSU :

Rodez 2016 : “ Pour toutes ces raisons, le SNUipp-FSU affirme que ce dossier n’est pas clos et il exige l’abandon de la réforme et l’écriture d’un nouveau décret en y associant tous les professionnels concernés et en s’appuyant sur les expérimentations et recherches. Il revendique le retour à un cadre national fort et structurant qui clarifie les champs de compétences respectifs de l’Etat et des collectivités, qui prenne en compte réellement la question des transferts de charges et la question de l’argent de l’école, qui permette de bonnes conditions de scolarisation pour les élèves et qui soit respectueux des conditions de travail et de la vie personnelle des enseignant-es.

Le SNUipp-FSU s’engage à faire avec la profession le bilan de la réforme des rythmes et à construire une proposition syndicale, qui permette, comme avant 2008, une diversité des organisations cohérentes sur un territoire : 4 jours 1/2, 4 jours 1/2 avec un mercredi ou un samedi sur trois libérés, 4 jours avec ou sans transfert de la matinée supplémentaire sur les vacances… Il engagera une réflexion sur le nombre d’heures d’enseignement pour les élèves (maintien des 24 heures, retour à 26 ou 27 heures, modulation en fonction de l’âge, des spécificités des territoires ultra-marins…) et sur l’organisation du temps scolaire sur la journée, la semaine et l’année. Les conseils d’école doivent être consultés sur toute décision d’organisation du temps scolaire.”

 

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