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28 avril 2020

Et si on se racontait...

Et si on se racontait... ???

Étrange... cette période. Étrange... ce ressenti. Entre satisfaction de (re)trouver son cocon, de s’en imprégner si fort qu’on voudrait presqu’en sortir, et retrouver cette routine tant décriée et crainte. Où le temps ne semblait pas être le même, partagé entre déplacements, réunions, quotidien au travail, sports, amis et famille (Le cocon). Étrange... Que voulons nous vraiment ? Et si on se racontait ? Et si on créait notre réseau social ? Seul, face à une page blanche, et si on partageait notre point de vue, notre ressenti, notre humeur, notre colère, notre bien être ? Et si on se racontait... ? Nous vous proposons de prendre un moment, faire partager aux autres votre vécu de cette situation unique dans laquelle nous vivons. Face au confinement, à la maladie, à la gestion de crise, faites partager. Un dessin, un écrit, humoristique, grave, anonyme, signé... peu importe : faites partager ! Nous publierons vos retours sur cette page au fur et à mesure (Ecris ci dessous et dessins en pièce jointe) et lorsque tout rentrera dans l’ordre, nous éditerons vos productions et vous ferons parvenir le contenu de nos « moi intérieur » ! Espérant vous lire au plus vite,

L’équipe du snuipp-fsu27


Bonjour à tous,

Aujourd’hui, c’est lundi, une longue semaine devant nous.

Je passe devant la classe de Laëtitia, à qui je lance un bonjour un peu embrumé.. Elle me renvoie un bonjour vivifiant, elle semble en forme ce matin. Elle l’est souvent d’ailleurs malgré la fatigue et parfois un peu de lassitude après une journée compliquée.

Rituels du matin : j’ouvre mon ordi. En attendant qu’il démarre, je fais le café. Je "checke" mes mails et sors trois photocopies. Audrey est matinale ce matin. C’est lundi, elle fait triste mine mais je la rassure : 2 petites semaines et ce sont les vacances : son visage s’éclaircit. Isabelle me dit avoir eu du mal à se réveiller ce matin à cause de ce fichu changement d’heure. Laëtitia marmonne que les élèves qui étaient déjà fatigués, vont se montrer encore plus agités, inattentifs. Heureusement, elle a prévu ce week-end des séances sympas pour toute la semaine. Et en plus, il va faire beau, on pourra faire de l’EPS. Linda se dit qu’il faut qu’elle voie avec les collègues pour se partager le plateau de sport.

Mince déjà 8h47, je suis de service et je n’ai pas pris mon café. Xavier me sert une tasse et m’emboite le pas. On rejoint Alice dans le couloir qui nous met de bonne humeur avec son sourire matinal. Ludivine est déjà dans la cour, juste à l’heure. Petits signes amicaux de tête. Ce matin, ça été dur pour tout le monde. 8h50, j’ouvre le portillon, et me voilà parti pour une série de bonjours et de sourires. Les élèves ont encore le pouvoir de me mettre de bonne humeur. Gaëlle s’intercale entre 2 groupes et entre 2 plaisanteries, elle rejoint la mater.

Il fait beau ce matin, le vent est vif, mais ce vent est comme un souffle de liberté.
—  Yves RANGDET, directeur de l’école du château 4 rue Leroy 27220 Saint-André de l’Eure


Dessin Denis Trope


CONFINEMENT paroles de Guy Philipps, alias Guifil,

A chanter, par qui voudra, sur la musique que Charles Aznavour avait composée sur le texte de Jacques Plante intitulé « Les comédiens ».

Nous autres confinés, mal ou bien nés, disséminés sur la Terre, Honorons les soignants, tous les aidants, vaillants héros solidaires …

Les confinés des petits appartements,

Tout au long du temps qui passe, endurent bien des tourments ;

Les confinés sans arrêt tournent en rond

Dans le plus étroit espace, et se font tant de mouron …

Qu’au bout du jour quand le sommeil tarde à venir,

Ils ont recours à mille astuces pour dormir

Et, dans le noir, ils cherchent le bon chemin

Pour croire aux beaux lendemains,

Les confinés.

au refrain

Quand le virus, fourbe, perfide et sournois,

Arrivant sur la planète, a fait la guerre aux Chinois,

Ni moins ni plus que jadis l’envahisseur,

Qui, sans tirer la sonnette, avait fait tant de malheurs …

Nous les humains, en nous efforçant à sourire,

Il nous fallut nous terrer pour ne pas mourir,

Cherchant des yeux un secours artificiel,

La nuit venue, dans le ciel,

Près de Vénus.

au refrain

Lorsque viendra la fin du confinement,

Le temps de la délivrance et des « pourquoi ? », des « comment ? »,

Nul n’oubliera ces combattants valeureux,

Qui ont, ailleurs comme en France, aidé bien des malheureux …

Les survivants pourront alors et en tous lieux

Rendre hommage à leurs morts enterrés sans adieu.

Dés lors, le monde évitera-t-il longtemps

Les chamailleries d’antan ?

Hum ! On verra …

Nous autres confinés, mal ou bien nés, disséminés sur la Terre, Honorons les soignants, tous les aidants, vaillants héros solidaires !

MERCI !


Dessin Denis Filoque


dessin 2c


Il y a un mois...

Un virus nous attaque et on nous demande de rester chez nous. Les écoles sont fermées, les enfants sont chez eux.

Tiens, ces métiers très dévalorisés, occupés essentiellement par des femmes, sous-payées par rapport aux hommes : enseignants, femmes de ménages, aides soignantes, caissières, comme ils sont utiles. Merci, vous êtes extraordinaires !

Mais avant, avant le virus, il y a un mois, étiez vous déjà là ?

Et tous ces gens qui faisaient grève, il y a deux mois à peine, dans les hôpitaux, les écoles, les gares ces privilégiés qui ne produisent rien et qui ne comprennent pas ce qu’on leur explique, comme ils sont merveilleux quand ils font tout ce qu’ils font sans moyen !!!

Et les poubelles qui sont ramassées, le courrier qui est distribué etc...

Mais il y a un mois, étiez-vous déjà là ?

Moi je suis enseignante, confinée. Je suis spécialisée et j’essaie de maintenir un lien scolaire avec les élèves que je connais.

On nous parle de continuité pédagogique, d’enseignement à distance et je me demande : pourquoi a-ton créé les écoles ? Qu’est-ce que la relation pédagogique ? Qu’est-ce qu’enseigner ? Pourquoi sommes-nous là ?

On nous inonde de ressources, de partout, pour tout....Mais il y a un mois étaient-elles déjà là ?

On a peur...des familles n’ont pas d’internet, pas d’ordinateur, pas d’imprimante, pas de place, pas envie de travailler, pas de sous, pas de ressources, ils n’ont pas...mais il y a un mois, étaient-ils déjà là ?

On a peur... Des élèves sont en difficulté, il ne faut pas les laisser au bord du chemin, ils décrochent des apprentissages et ne décrochent plus quand on les appelle. Mais il y a un mois étaient-ils déjà là ?

On a peur...au retour, il faudra les accueillir, les accompagner, les aider, les écouter, marcher à leurs côtés. Il faudra des professionnels... seront-ils encore là ?

En tout cas ils font tout pour ça.

Annie


Dessi Denis TROPE - Déterminants


Peut-être parce qu’il y a des moments où on a besoin d’exprimer ce qui trotte dans la tête depuis des semaines où même les vacances n’ont pas vraiment permis de décompresser et de retrouver des nuits de sommeil réparateur comme les autres fois à cause de toutes les annonces et de ce que la vie de chacun a modifié depuis l’arrivée de ce terrible virus, des moments où la peur pour ses proches plus agés mais aussi quand ils sont de jeunes adultes...

Pour le vivre au quotidien, je sais que c’est très compliqué pour le maintien des activités professionnelles en entreprise quand le télétravail est impossible. Et en même temps, les actualités médicales sur le virus peuvent nous apporter des espoirs (la recherche en si peu de temps c’est du jamais vu) mais aussi chaque jour a son lot de nouvelles inquiétantes comme le nombre de décès, la convalescence des malades compliquée avec de lourdes séquelles ou les découvertes sur les problèmes de coagulation sanguine excessive dus au virus.

Pour notre retour à l’école dès le 11 mai puisque j’ai des GS, je penche entre espoirs et craintes.

Je sais que j’ai des élèves (dont un qui n’a pas d’internet) pour qui c’est difficile à cause de la langue, de la situation familiale ou matérielle. Alors pour eux, je trouvais que les premières propositions allaient dans le bon sens.

Mais la configuration immobilière et mobilière de notre école maternelle du Moussel à Vernon pose de multiples questions. Comment faire quand tout est tout petit, la gestion du matériel spécifique à la maternelle...

Que faire de ces enfants qui sont régulièrement enrhumés, avec nez qui coulent, éternuements, toux... ????

Les derniers éléments laissent à croire que les craintes se situent plus au niveau des adultes que des enfants eux-mêmes.

Les soignants et responsables craignent beaucoup des rassemblements/brassages inévitables d’adultes autour des écoles qui seraient une source de risques de reprise de la pandémie.

Donc comme nous n’avons pas de suivi médical professionnel et qu’on peut douter de la réelle mise en place des tests, des masques, du respect des mesures de sécurité de certains (comme on peut l’observer par ailleurs) je pense que la population à risque dans les écoles se situe plus au niveau des adultes.

Dans cette période où nos repères ont totalement changé, je vous remercie de prendre quelques instants pour lire mes réflexions de cette matinée.

Dans l’espoir que la lumière arrive au plus vite dans le fond du tunnel, je vous adresse toutes mes amitiés de collègues.

Bonne journée et à très vite j’espère !

Véronique POTIER


Dessin Denis Trope


B. Profichel


1er mai


Denis Trope Confinement

 

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