www.snuipp.fr

SNUipp-FSU de l’Eure (27)

Vous êtes actuellement : Actualités 

fontsizeup fontsizedown impression s'abonner  à la rubrique {}
29 juillet 2020

Actualités de rentrée

Les AESH toujours en attente d’un statut

Direction d’école : il y a urgence

Numérique à l’école : une expérience révélatrice !

Gestion des personnels : l’équité et la transparence mises à mal Les psychologues de l’éducation nationale (PsyEN) veulent rester dans l’éducation nationale

L’École a plus que jamais besoin des RASED !

Enseignement en milieu pénitentiaire : Engager la riposte

Formation continue : après le plan maths, le plan français.

École primaire, des moyens pour réussir !

La formation spécialisée une nouvelle fois en danger

Une rentrée pas comme les autres

Vers une nouvelle formation initiale

Pôle Inclusif d’accompagnement Localisé : où en est-on

Les AESH toujours en attente d’un statut

Les espoirs placés dans l’installation, en février, d’un comité consultatif national des AESH, censé avancer sur l’amélioration des conditions de travail des accompagnant-es des élèves en situation de handicap auront vite été déçus. Un guide national à l’attention des AESH a bien été finalisé, la mission d’AESH référent a certes été cadrée, mais les travaux portant sur le temps de travail et les rémunérations ont vite été arrêtés faute d’engagements et d’arbitrages du ministère visant à améliorer rapidement l’emploi des AESH. Parler des salaires est une chose, s’engager sur le budget nécessaire pour mettre fin à la précarité en est une autre

Pourtant plus de 100 000 AESH interviennent dans les écoles et les établissements et assurent une mission de service public absolument nécessaire auprès des élèves en situation de handicap. Ils et elles constituent une part non négligeable d’agent-es sous contrat pour lesquels l’État doit rapidement engager une reconnaissance statutaire. Aujourd’hui leur présence est indispensable au bon fonctionnement de l’École. Il est plus que jamais nécessaire de gagner un statut et un véritable métier pour les AESH, comme le portent le SNUipp-FSU et la FSU. L’intersyndicale nationale a rapidement réagi sur le mépris du ministère. En l’absence d’amélioration de la situation des AESH à la rentrée 2020, elle se retrouvera dès septembre pour envisager de façon unitaire les suites à donner à l’action. Les AESH méritent un autre traitement !

Direction d’école : il y a urgence

Fin juin, l’Assemblée Nationale a voté en première lecture la proposition de loi LREM après l’avoir vidée d’une partie de son contenu, mais pas de ses objectifs. Alors que le processus législatif est toujours en cours, qu’aucune mesure n’a été annoncée suite à la consultation des directrices et directeurs d’école cet hiver, le ministre tente de reprendre le sujet en main. Il y a urgence car la crise sanitaire a encore aggravé des conditions de travail déjà bien dégradées.

Mi-juillet, le ministre a reçu les organisations syndicales et a annoncé des mesures pour la rentrée 2020 : deux jours annuels de formation, liberté d’organisation des 90 heures de concertation et d’APC pour l’ensemble de l’école, calendrier des enquêtes donné pour l’année, modernisation des outils numériques, lancement d’un observatoire de l’allègement des tâches. Une indemnité exceptionnelle sera accordée aux (seul.es) directeurs et directrices pour reconnaître leur engagement dans la crise du Covid-19. Des réflexions étaient encore en cours sur la possibilité d’octroyer à cette rentrée des décharges ponctuelles aux petites écoles. Par ailleurs, un nouvel agenda social s’ouvrira dès cette rentrée concernant les décharges octroyées aux directions d’école, la revalorisation des directeurs et directrices et la délégation de compétences prévue dans la proposition de loi Rilhac.

Si l’augmentation des décharges est à l’étude, avec de nouvelles règles d’attribution intégrant les spécificités des écoles, le SNUipp-FSU a rappelé l’exigence que toutes les écoles quelle que soit leur taille, bénéficient a minima d’une journée hebdomadaire. Concernant l’aide au fonctionnement des écoles, la seule réponse du ministère est le recours aux volontaires en service civique et à des apprentis post-bac. Ces mesures sont clairement inadaptées. Si le ministre est contraint de rouvrir des discussions, le SNUipp-FSU n’acceptera pas qu’une fois de plus, elles ne débouchent sur aucune véritable amélioration.

Numérique à l’école : une expérience révélatrice !

La période du confinement et la nécessité de garder un lien avec les élèves et leur famille, de tenter une continuité scolaire a mis en débat la question du numérique à l’école. Si cet outil a permis aux enseignant.es de travailler autrement, des questionnements, des problématiques et des limites ont émergé, notamment liés au creusement des inégalités. L’école est bien le lieu de la socialisation et des interactions qui permettent à chacun-e d’avancer dans une dynamique collective. Pour le sociologue Bernard Lahire, le problème qui a surgit pendant le confinement est l’accentuation des inégalités de départ, avec le repli sur la sphère familiale et domestique, notamment pour les enfants des familles socialement défavorisées qui ne possèdent pas les codes de l’école ; Alors même que les familles s’investissent dans le travail à la maison de leurs enfants, les malentendus sur ce qui permet de réussir sont renforcés. Les enfants ont besoin d’un adulte pédagogue qui encadre leurs apprentissages. Par ailleurs, le numérique ne doit pas renforcer l’individualisation des apprentissages, évolution souhaitée par le ministre. S’il est utilisé comme un outil commun, avec un projet collectif, il peut être source d’ouverture et de partage. Mais il ne s’agit pas, ici, de croire ou de faire croire que le numérique pourra solutionner des difficultés récurrentes. Que l’on soit en distanciel ou en présentiel, le numérique ne peut être qu’un outil comme tout autre outil pédagogique mis à disposition des enseignant.es et des élèves. Il faudra porter cette conviction lors des états généraux du numérique que tiendra le ministère en novembre pour lesquels il a d’ailleurs mis en place un espace de contributions citoyennes :

https://interview.eloquant.cloud/elcs_z1/itw/answer/s/EkSFFmfJ7j/k/EGN

Les enseignant.es, par leur pratique durant la période de confinement et l’utilisation des outils numériques, doivent pouvoir s’emparer de cette possibilité de s’exprimer, pour tirer le bilan de cette période, dans l’éventualité d’une nouvelle période de confinement, mais aussi au-delà pour définir ce qu’ils attendent du numérique dans le cadre des pratiques de classe ordinaires.

Les besoins sont importants : il y a nécessité de former les enseignant.es afin que cet usage serve à la réussite de tou.tes les élèves, mais il y a aussi nécessité de disposer de ressources et de matériel adéquats. Le SNUipp-FSU, avec la FSU, s’est par ailleurs engagé dans une réflexion sur la définition d’une politique publique du numérique éducatif.

Gestion des personnels : l’équité et la transparence mises à mal

La loi de Transformation de la Fonction publique du 6 août 2019 était censée permettre « une gestion plus simple et plus souple des ressources humaines », avec l’objectif de « fluidifier le dialogue social ». La réalité montre surtout une volonté de mettre les organisations syndicales sur la touche, au détriment du fonctionnement du service et des agent.es, réduisant par-là même les droits des personnels. Depuis le 1er janvier 2020, les CAPD ne sont plus compétentes en matière de mobilité. Alors que le ministère a imposé de nouvelles règles et de nouvelles applications informatiques, les délégué.es du personnel ont été écarté.es : l’administration a été privée de leur expertise, les enseignant.es ont été privé.es du contrôle de l’équité et de la transparence. Concrètement, aucune information collective relative au mouvement inter et intra-départemental n’est donnée aux personnels comme à leurs représentant.es. Cette volonté du gouvernement d’un traitement individualisé des personnels ne garantit plus l’intérêt collectif ni l’application de règles communes pour toutes et tous. C’est un recul préjudiciable pour toute la profession. Nous devons collectivement assurer la transparence et l’équité en partageant les résultats du mouvement et ainsi permettre au SNUipp-FSU et aux collègues de vérifier les informations.

Ne laissons pas l’administration imposer l’arbitraire !

Au 1er janvier 2021, ces mêmes règles s’appliqueront à l’avancement (passage accéléré aux échelons 6 et 8 de la classe normale, échelon spécial de la classe exceptionnelle) et aux changements de grade (passage à la hors classe et à la classe exceptionnelle).

Enfin, en janvier 2022, la dernière étape de cette loi de Transformation de la Fonction Publique est l’installation d’une nouvelle instance - le Comité Social d’Administration (CSA) - issue de la fusion des actuels Comités Techniques (où se discute les moyens) et des Comités Hygiène Santé Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT). Pourtant, les CHSCT continuent de démontrer toute leur utilité - particulièrement durant la crise sanitaire - tant en termes de prévention des risques professionnels que pour traiter des situations exposant la santé ou la sécurité des agent.es.

Si leur rôle est violemment attaqué, les élu.es du SNUipp-FSU restent déterminé.es à faire valoir leur expertise et leur connaissance du terrain, à exiger le rétablissement d’un dialogue dans l’intérêt du service public d’éducation et de ses personnels. La transparence et l’équité sont deux principes intangibles qui guident le SNUipp-FSU dans la défense des personnels.

Les psychologues de l’éducation nationale (PsyEN) veulent rester dans l’éducation nationale

Le rapport de la cour des comptes « les médecins et les personnels de santé scolaire » publié en avril 2020 a suscité de vives inquiétudes chez les psyEN.

En effet, il préconise la création d’un service de « santé et vie de l’élève » dans chaque DSDEN au risque de recentrer les missions des PsyEN sur le repérage et le suivi des troubles de l’apprentissage susceptibles d’entraver la scolarité des élèves, oubliant la prévention, le travail en RASED et le travail avec les équipes enseignantes…

Le rapport épingle également les PsyEN-EDA (dans le premier degré) sur leur temps de travail (24 heures sur 37 semaines) et ignore le temps nécessaire et réglementaire imparti au secrétariat administratif et à la tenue des dossiers.

Avec la volonté de décentraliser, le gouvernement envisage de confier le pilotage de la médecine scolaire aux départements. Les 4 catégories professionnelles citées dans le rapport : assistants sociaux, infirmiers, médecins et psychologues de l’Éducation nationale craignent de basculer également dans une gestion départementale.

L’Éducation Nationale a déjà expérimenté des contrats de partenariats avec la santé publique (ARS, CPAM…) et les psyEN-EDA s’interrogent sur l’impact d’une telle généralisation sur leurs missions.

S’opposant à cette vision tronquée du métier, au sein de la FSU, le SNUipp, SNES, SNICS, SNUASFP*, s’opposent à la mise en place de ce service de santé scolaire et au transfert des personnels aux départements !

* Au sein de la FSU, le SNICS syndique les infirmier.es scolaires et le SNUASFP les assistants sociaux.

L’École a plus que jamais besoin des RASED !

Le retour à l’école des élèves suite à la crise sanitaire et la rentrée à venir mettent en évidence la nécessité de pouvoir compter sur des moyens accrus pour soutenir les élèves les plus fragiles et les plus affectés par la crise que traverse l’école. Des moyens indispensables aussi pour accompagner les familles et les équipes éducatives. Mais « comment faire face ? », alors que près de 80 postes de RASED sont encore supprimés pour la rentrée prochaine. C’est la question que posent le SNUipp-FSU et les dix organisations réunies dans le Collectif National Rased dans leur communiqué de presse du 14 mai dernier. Le collectif dénonce « la poursuite du démantèlement du dispositif d’aide aux élèves engagé il y a une dizaine d’années, et demande un investissement significatif de l’État dans ce qui reste un moyen d’aide irremplaçable, au plus près du terrain et des besoins de la communauté éducative. »

Communiqué de presse, lettre ouverte au ministre, demande d’audience, publication d’un « 4 pages », le SNUipp-FSU au sein du collectif n’a eu de cesse tout au long de l’année d’alerter et de mobiliser la profession sur l’importance de ce dispositif que les ministères successifs ont remis en cause. Mais ces interpellations restent pour l’instant lettre morte. Le collectif national RASED ne désarme pas et envisage pour la rentrée 2020 une journée nationale des RASED, déployée sur tout le territoire.

Le SNUipp-FSU en appelle à une mobilisation massive pour que les enseignant·es des écoles, les familles et les élèves retrouvent la possibilité réelle de faire appel à ce dispositif d’aide dans le quotidien de la classe et des écoles pour prendre en charge ou prévenir la difficulté scolaire.

Enseignement en milieu pénitentiaire : Engager la riposte

Le métier d’enseignant.es en milieu pénitentiaire est attaqué depuis plusieurs années, et le sentiment d’un délaissement de la part de l’Éducation Nationale se fait de plus en plus sentir d’autant plus depuis la sortie de la nouvelle circulaire et de la convention en mars dernier. C’est tout d’abord une politique de régression sociale en direction des personnels de l’éducation nationale, avec une perte de salaire et une augmentation du temps de travail inédit chez les enseignant.es. C’est aussi une criminalisation des mineur.es et surtout des mineur.es isolés étranger·e·s, qui peuvent contribuer à modifier l’objectif et les missions de l’école en milieu pénitentiaire.

L’enseignement en prison n’est plus une priorité pour tou·tes les détenus·es, il répondra désormais à des objectifs chiffrés en fonction des moyens donnés et évalués par le recteur et non en fonction des besoins d’enseignement pour les détenus·es.

Aujourd’hui 77% des mineurs incarcérés sont en préventive (en attente de jugement), l’urgence serait plutôt de développer des alternatives éducatives à l’incarcération et de faire de l’école au sein des prisons un véritable moteur de réinsertion sociale.

Face à cette politique du tout carcéral et face au mépris pour les enseignant·es exerçants en milieu pénitentiaire, les collègues ont choisi de riposter.

Le SNUipp-FSU se mobilise aux côtés des personnels pour obtenir l’ouverture de négociations avec le Ministère sur les questions indemnitaires des collègues et sur l’organisation et les moyens de l’enseignement en milieu pénitentiaire. Un stage national sur ces questions se tiendra le 30 septembre 2020 à Paris dans les locaux du SNUipp-FSU.

Formation continue : après le plan maths, le plan français.

Le guide Plan français s’inscrit dans le prolongement de la note ministérielle du 5 mars « Transformer dès la rentrée 2020 la Formation Continue des professeurs des écoles en français et en mathématiques ». Il est annoncé que ce guide s’appuie sur les résultats des évaluations internationales (PIRLS) et nationales (CP et CE1).

Il propose de « faire évoluer l’enseignement du français » en s’inspirant des solutions expérimentées dans d’autres pays de l’OCDE. Il propose une nouvelle modalité de formation déjà utilisée avec le plan Villani-Torossian : la formation par « constellations ». Des groupes d’enseignant-es travaillent sur un objet de formation et répondent entre pairs et avec d’un-e CPC à la problématique choisie. La formation continue est basée sur un plan pluriannuel de 6 ans. Chaque enseignant-e doit bénéficier tous les 6 ans d’une formation de 5 jours et animés par un-e CPC référent-e, ainsi qu’un recentrage des 18h d’animation pédagogique sur le français et les mathématiques. Evaluations standardisées, guides et repères seront utilisés dans la construction des progressions.

Ce plan français transforme effectivement la formation continue. Des séquences d’observation dans chacune des classes pourront être imposées et on peut craindre un risque de contrôle renforcé des pratiques. Les enseignant-es seront invité-es à mettre en œuvre les outils du conseil scientifique, donc à exécuter, et non à concevoir. La formation continue doit partir des besoins des enseignant-es et non pas être imposée sinon elle risque fortement d’être improductive et inefficace.

Par ailleurs, ce plan impactera fortement la charge de travail des conseillers pédagogiques, il n’est pas prévu qu’ils-elles soient libérées notamment des tâches administratives qui pèsent lourdement sur leur quotidien.

Dans une lettre ouverte adressée au ministre en avril le SE-UNSA, le SGEN-CFDT, le SNUipp-FSU et l’ANCP-AF demandent que ces plans soient abandonnés, et que la priorité soit donnée à l’accompagnement des équipes d’école pour construire la rentrée

https://www.snuipp.fr/actualites/posts/reprise-les-formateurs-aupres-des-equipes

et mettre en œuvre une réflexion et un travail basés sur les cycles. La formation continue doit avant tout s’adosser aux demandes des enseignant-es, comme le prévoit le dernier schéma directeur de la formation continue.

École primaire, des moyens pour réussir !

La crise sanitaire aura bousculé jusqu’aux opérations de carte scolaire, avec des décisions qui ne seront entérinées qu’en septembre. Cela n’est pas sans conséquences pour les collègues, notamment celles et ceux qui connaîtront leur affectation la veille de la rentrée, comme pour les écoles qui auront à s’organiser sans savoir où seront ventilés les derniers moyens mis en réserve par les DASEN.

L’annonce d’un possible octroi de décharge de direction aux petites écoles sans moyens identifiés va encore contraindre les choix restant à faire et hypothéquer les potentielles ouvertures de classes repoussées à la rentrée. Même si le ministère a déjà fait le coup de mesures décidées dans le courant de l’été sans moyens pour les financer, comme les premiers dédoublements dans l’éducation prioritaire, celles-ci ont pour conséquence d’accentuer des situations déjà très tendues localement, notamment pour les moyens de remplacement.

Pourtant, à l’heure où la crise a fait toute la lumière sur la réalité de certains services publics dont le fonctionnement a été fragilisé par des coupes budgétaires et des suppressions de postes, l’École doit aussi être réinterrogée au regard des objectifs qui lui sont assignés. Il faut dépasser le seul constat qu’elle ne réussit pas à réduire les inégalités scolaires et à faire réussir tous les élèves. L’École a besoin d’un tout autre niveau d’engagement !

Le SNUipp-FSU chiffre à 90 000 le nombre de postes qu’il faut créer dans le premier degré pour abaisser les effectifs des classes pour de meilleures conditions d’apprentissage et abonder les postes nécessaires au bon fonctionnement des écoles comme les « Plus de maîtres que de classes », les RASED, le remplacement, la formation… C’est le projet ambitieux sur lequel doit reposer l’école « du jour d’après ».

La formation spécialisée une nouvelle fois en danger

Le MEN ne compensera pas les annulations de stages MIN (modules d’initiative nationale) liées à la crise sanitaire. Bien au contraire, ce sont 10% de places en moins cette année qui seront offertes aux collègues ayant obtenu leur CAPPEI ou consacrées à la formation continue des enseignant·es spécialisé·es.

Par ailleurs, le chantier annoncé de modification du CAPPEI réduirait le temps de formation de 25% en supprimant l’accès de droit aux stages MIN (100H) et surtout, créerait un système qui risquerait définitivement d’enterrer la formation spécialisée. A peine 3 ans après les négociations sur le CAPPEI la proposition du MEN remet en cause les équilibres trouvés en 2017 et poursuit le démantèlement de la formation spécialisée. Elle n’obligerait plus les DASEN à envoyer les collègues en formation spécialisée, puisqu’une expérience d’un an sur un poste d’enseignant spécialisé suffirait à demander la VAE (validation des acquis de l’expérience) pour obtenir le CAPPEI. C’est une véritable attaque et une remise en cause de la professionnalité des enseignant·es spécialité·es, de leur place, leur rôle dans l’école mais également de la valeur de la formation. Alors que le ministère voulait passer en force au mois de juillet dernier, le SNUipp-FSU a obtenu que des discussions s’ouvrent avec les organisations syndicales. Les groupes de travail sur ce sujet débuteront dès la fin août, le SNUipp-FSU défendra l’importance d’une formation solide adaptée à la réalité du métier. L’école ne peut se passer de ces personnels spécialisés indispensables dans les écoles et les établissements spécialisés pour répondre à la difficulté scolaire.

Une rentrée pas comme les autres

La crise sanitaire a mis l’école entre parenthèses de mars à juin, mais également déstabilisée la rentrée de septembre. La circulaire de rentrée sortie après les départs en vacances, est conforme aux années précédentes et nie la réalité de la situation.

Moins de préparation et des ruptures marquées

En maternelle, la primo-rentrée des PS promet d’être plus difficile, alors que les entretiens avec des familles découvrant l’école, les visites de locaux, le partenariat avec les crèches n’ont pu se dérouler comme prévu. Les discontinuités GS/CP et CM2/6e seront plus marquées, sans temps suffisant pour le travail de liaison. Dans ces conditions, les élèves des classes populaires privés d’école risquent de pâtir davantage encore de l’interruption prolongée de la relation pédagogique.

Des organisations fragilisées

Les affectations trop tardives des personnels ajoutent de la confusion. En fin d’année, des équipes ont souvent été incomplètes pour préparer la rentrée, répartir les classes, organiser les services partagés, etc. Souvent également, les effectifs ne sont pas stabilisés. En maternelle, l’incertitude domine la mise en œuvre des GS à 24, face au manque de postes.

Quelles priorités pédagogiques ?

Alors que la circulaire du « Plan de continuité pédagogique » est sortie le 17 juillet, on peut s’interroger sur sa mise en œuvre concrète dans les écoles. En cas de circulation active du virus, les équipes devront avoir le temps de se préparer aux différentes hypothèses. Or le ministère continue sa politique hors sol et envisage une rentrée « ordinaire » avec seulement un jour de pré-rentrée. Le SNUipp-FSU a demandé en CTM et en CHSCTM à décaler de deux jours la rentrée des élèves pour permettre aux équipes de se préparer aux différents scenarii.

La circulaire de rentrée reste conforme à la politique de ce ministère : évaluations standardisées, individualisation à tout crin, priorité aux fondamentaux, pressions sur les pratiques à travers le « plan français ». Or, pour réduire les inégalités scolaires renforcées par le confinement, les priorités devraient être ailleurs : patiente remise en confiance des élèves, restauration des collectifs apprenants, aménagement des programmes au sein des cycles, mais aussi des moyens consolidés et du temps pour des équipes pédagogiques à la professionnalité respectée et valorisée.

Vers une nouvelle formation initiale

Malgré la crise sanitaire, Jean-Michel Blanquer a poursuivi, voire accéléré la réforme de la formation des enseignant·es.

Une formation centrée sur les « fondamentaux » : une vision étriquée de la professionnalité enseignante

Les évaluations internationales le montrent : la France creuse les inégalités scolaires liées à l’origine sociale des élèves alors que la plupart des pays de l’OCDE réussit à les réduire. Pour réduire ces écarts, l’école doit être un lieu d’ouverture sur le monde et permettre aux élèves les plus éloigné·es de la culture scolaire de donner du sens aux apprentissages. Or resserrer sur les « savoirs fondamentaux » ne le permet pas car cette vision n’appréhende pas l’élève dans sa globalité.

La formation initiale doit, au contraire, permettre aux futur·es enseignant·es de pouvoir enseigner toutes les disciplines de l’école primaire. Elle doit également permettre à chacun·e de devenir enseignant·e. Pour cela, elle doit croiser la recherche, avoir un contenu riche couvrant tous les pans du métier et des stages progressifs permettant d’articuler théorie et pratique. Enseigner ne peut être assimilé à une mise en œuvre de bonnes pratiques prescrites par le ministère et s’appliquant à tou·tes de façon uniforme. Enseigner, c’est concevoir et non pas exécuter.

Recul de la place du concours : un accès au métier rendu plus difficile Cette année sera la dernière où les concours se dérouleront en fin de M1. A compter de 2022, il faudra financer une année d’étude supplémentaire pour accéder au concours. Combien d’étudiant·es auront les moyens de financer 5 années d’études sans garantie d’être recruté·e ? Ce nouveau recrutement ne pourra pas permettre de lutter contre le manque d’attractivité du métier.

D’autre part, l’année de M2, va encore être alourdie : à la responsabilité de classe, la validation du master et du mémoire va s’ajouter la préparation et la passation du concours. Des étudiant·es contractuel·les dans les classes Le projet d’arrêté de master MEEF institue des « contrats d’alternance ». Des étudiant·es contractuel·les seront en responsabilité de classe à raison d’un tiers-temps hebdomadaire, pendant douze semaines, à partir du milieu de M1.

D’autre part, depuis la rentrée 2019, dans certaines académies, des étudiant·es entrant en L2, se voient proposer des contrats d’AED de 3 ans, pour une rémunération allant de 700€ en L2 à 980€ en M1. Une façon non déguisée et à coût réduit de pallier les difficultés de recrutement et de remplacement, mais qui, en réalité, va créer de la précarité et entraver leur formation. En effet, avec 8 h par semaine en classe au moins, réparties sur trois demi-journées, ce dispositif amputera les horaires universitaires. Quelle sera l’articulation entre ce travail et les emplois du temps universitaires ? Cela peut réduire les chances d’obtenir un diplôme universitaire pour ces jeunes et donc entraverait la nécessaire démocratisation de l’accès au métier. De surcroît, on peut craindre que ces jeunes qui rateraient le concours fournissent alors un vivier de contractuels pour les rentrées suivantes. Le SNUipp-FSU dénonce le recours à une main-d’oeuvre bon marché, revendique des enseignant·es recruté·es et formé·es face aux élèves et porte, un projet ambitieux de formation initiale. Un projet ambitieux de formation initiale porté par le SNUipp-FSU Le SNUipp-FSU revendique des pré-recrutements dès la L1 et à tous les niveaux du cursus, un concours placé en fin de L3 suivi d’une formation initiale professionnelle de deux ans, rémunérée, sous statut de fonctionnaire stagiaire et validée par un master. Les stages doivent s’inscrire dans une logique de formation pleinement articulée à l’INSPE, inclure des temps de préparation et d’analyse de pratiques et permettre de découvrir tous les cycles. Une première année de titulaire à mi-temps en classe permettrait de construire des compléments didactiques et disciplinaires, pour s’exposer à l’analyse de pratique. Enfin, la formation initiale doit se poursuivre en T2.

Pôle Inclusif d’accompagnement Localisé : où en est-on ?

De l’expérimentation en 2019, à leur mise en œuvre quasi généralisée en 2020, la philosophie est la même : « le focus de la compensation est déplacé vers celui de l’organisation » *. L’objectif est clair, l’ADN du PIAL est dans l’organisation des ressources humaines au détriment de la compensation du handicap de chaque élève. Si le PIAL a pu éclaircir quelques situations de gestion de ressources humaines, le constat dans l’ensemble est largement négatif. Nous assistons à une quasi-disparition de l’accompagnement individuel, à une réduction du nombre de postes dans certains PIAL, a une interchangeabilité des accompagnant·es sans connaissance des enfants, de leur difficulté et de leur handicap. Pendant la période de confinement et de retour du confinement, certains AESH ont même été utilisés à des tâches administratives et ont été obligés de venir sur site pour faire acte de présence. A aucun moment, l’encadrement n’a aidé les AESH dans leur mission d’accompagnement à distance, par une réflexion, une formation ou des outils à élaborer. Le PIAL ne répond pas à l’objectif premier : l’accompagnement humain, qui doit avant tout travailler à la compensation du handicap de l’enfant, dans le cadre d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS).

Pour le SNUipp-FSU, les PIAL ne doivent pas étendre la mission d’accompagnement individuel à une aide pour la classe ou pour l’établissement et ne doivent pas remettre en cause la liberté pédagogique de l’enseignant. Le SNUipp-FSU demande l’abandon des PIAL qui sont en premier lieu une gestion de la pénurie renvoyée au niveau local. Les PIAL ne doivent pas remettre en cause la qualité de l’accompagnement des élèves et la qualité de travail des AESH.

 

14 visiteurs en ce moment

*Top SNUipp 27 - 17 ter rue de la côte blanche - BP 611 - 27006 EVREUX cedex - tel. 02 32 33 58 51 snu27@snuipp.fr
©Copyright 2006 - SNUipp-FSU de l’Eure (27), tous droits réservés.